Les origines du Tai Chi Chuan

La légende dit que, inspiré par un combat entre un oiseau et un serpent, le sage Chan San Feng créa le Tai Chi Chuan pour cultiver l’énergie, le Chi et l’esprit.
TAI CHI : faîte suprême - CHUAN : le poing
TAI CHI CHUAN : Boxe du faîte suprême.

Forme la plus populaire du Taiji Quan, le style Yang est la création de Yang Luchan (1799-1872) qui a appris le Taiji Quan de la famille Chen à Chenjiagou avec Chen Changxing au début des années 1820. De son vrai nom Yan Fukui, il aurait étudié le style Chen pendant 18 années avant d’enseigner sa propre interprétation du Taiji Quan.

Une petite légende largement répandue donne un côté atypique à la découverte de la Boxe du Faîte Suprême par Yang Luchan et la révélation de ses capacités hors normes : jardinier employé par la famille Chen et passionné d’arts martiaux, il espionnait régulièrement les entraînements de la famille Chen. Si bien que sans que personne ne le soupçonne, les principes de l’art martial lui sont devenus familiers.

La légende de YANG l’invincible

Un jour où le chef de la famille Chen était souffrant, un expert en arts martiaux réputés est venu le défier. Le premier ne pouvant accepter le combat, il risquait de perdre la face. Mais Yang Luchan aurait alors défié le combattant en lui expliquant que son maître n’avait pas le temps de se déplacer inutilement : il fallait d’abord le battre lui, le jardinier, pour espérer plus. Quelques secondes et une humiliation plus tard, le challenger repartait défait, Yang Luchan venait de sauver la réputation de son maître et de gagner son estime. Ce serait ensuite, avec l’enseignement de ce dernier, que Yang Luchan allait parfaire son apprentissage est devenir une véritable légende des arts martiaux.

Après avoir acquis une grande connaissance martiale et développé un haut niveau en Taiji Quan, Yang Luchan a été autorisé par son professeur à enseigner. L’histoire à proprement parler du style Yang commençait alors, Yang enseignant sa propre philosophie et conception du Taiji Quan d’abord dans sa région natale, dans la province du Hebei, puis à Pékin. Il s’agit là d’un événement charnière puisqu’il permet à l’art martial de se propager dans la principale ville du pays.

La propagation du sytle

Outre le fait qu’il simplifia l’art afin de le rendre plus accessible à la majorité, Yang Luchan lui offrit une grande légitimité en devenant l’instructeur officiel de la famille impériale chinoise pour entraîner les unités du Palais impérial (Cité Interdite) en 1850, et cela jusqu’à sa mort.

C’est à partir de l’enseignement de Yang Luchan que le Taiji Quan s’est ensuite divisé en plusieurs styles se reconnaissant de lui. Sa "descendance" martiale se résume dans les grandes lignes à cela :
- Yang Fenghou suivit l’enseignement de son père sans le modifier.
- Son second fils, Yang Banhou, lui aussi instructeur pour la famille impériale, développa ce qui est aujourd’hui appelé "La petite forme" (Xiao Jia, avec des mouvements plus resserrés) et fut le professeur de Wu Quanyou, qui avec son fils Wu Jianquan développa ensuite le Taiji Quan style Wu.
- Un élève de Yang Luchan, Wu Yuxiang, développa le style Wu/Hao, à partir duquel, trois générations plus tard, naquit le style Sun de Sun Lutang.
- Son troisième fils, Yang Jianhou (1839-1917) développa "un enchaînement moyen" (Zhong Jia) et transmit l’art à ses fils Yang Shaohou et Yang Chengfu. C’est ce dernier qui a ensuite fait exploser la popularité du style en insistant sur une pratique lente et sans force, et en parcourant le pays du nord au sud pour faire la promotion du Taiji Quan.

La popularisation avec YANG CHENGFU


C’est à partir de Yang Chengfu d’ailleurs que le Taiji Quan style Yang devient autant un art martial qu’une discipline de bien être considérée comme bénéfique pour la prévention des maladies. Au moment de la révolution de 1911, c’est d’ailleurs sous cette étiquette que le style Yang était reconnu à Pékin.

Il a fallu attendre la fin des années 20 et le début des années 30 pour que le style s’impose dans la deuxième grande ville chinoise, Shanghai, sous l’impulsion notamment de Chen Weiming, un élève de Yang Chengfu et véritable intellectuel-écrivain du style Yang.

Après l’arrivée au pouvoir des Communistes en Chine en 1949, le Taiji Quan style Yang fut pris comme base pour la simplification en 24 mouvements développée par les autorités afin de rendre la pratique accessible. Avec la Révolution culturelle (1966-1976), le style fut comme toute autre forme d’arts martiaux bannies car considérée comme déchet du capitalisme.

Aujourd’hui, la pratique a bien sûr été réhabilitée en Chine continentale, mais beaucoup de puristes estiment que les formes authentiques du style ne se trouvent plus en Chine continentale mais à Taïwan, Hongkong, voire dans d’autres foyers de diaspora comme Singapour...

Les différentes pratiques

Il existe cinq styles principaux issus d’une même origine. Ce sont par ordre d’apparition du plus ancien au plus récent :

Style CHEN Fondé par Chen Wang Ting (1771-1853)

Style YANG Fondé par Yang Lu Chan (1789-1872)

Style HAO Fondé par Hao Wei Zhen (1849-1920)

Style SUN Fondé par Sun Lu Tang (1860-1932)

Style WU Fondé par Wu Jian Quan (1870-1942)

Style WUDANG Fondé par Cheng Tin Hung

A l’intérieur de ces styles, il y a de nombreuses écoles proposant toutes des orientations de travail et des formes spécifiques. Ceci est une des composantes de la richesse de la pratique du Tai Chi Chuan.




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